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Sourou : les producteurs agricoles veulent l’augmentation du prix du kilo de riz

La vallée aménagée du Sourou fait la fierté de la province, de la région de la Boucle du Mouhoun, et du Burkina Faso tout entier au regard de l’ampleur des aménagements, de la production et de la renommée acquise au fil des ans. Cette vallée contribue énormément à renforcer la vision «Produisons et consommons burkinabè» si chère au pays.

Avec environ quatre cent producteurs au début du projet, le nombre est allé vite croissant vu l’intérêt, et surtout la grandeur des superficies complémentaires aménagées et aménageables. Malgré tout, les parcelles ne suffisent toujours pas car les demandeurs sont de plus en plus nombreux.

Sur le terrain, les producteurs travaillent sans relâche individuellement ou en groupement. Les périmètres vont de 1,25 ha à jusqu’à trois ha pour les producteurs individuels selon la taille de la famille, la plupart des productions étant familiales. L’augmentation du prix du riz reste une de leurs priorités.

L’octroi des parcelles est aussi fonction des aptitudes des attributaires dont certains se voient retirer les portions au mauvais compte, pour redistribuer à ceux qui en ont véritablement besoin et qui travaillent assez bien.

100 000 francs par ha et par campagne pour l’eau

«Il est même préférable pour ceux qui ne parviennent pas, à la production, à payer l’eau,  et rembourser les frais de l’engrais, de céder leurs périmètres à d’autres personnes», a dit, Valentin Bitié, producteur et président de l’Union des coopératives agricoles de la vallée du Sourou (UCAVASO).
Valentin Bitié, Président de
Valentin Bitié, Président de l’Union des coopératives agricoles de la vallée du Sourou. Ph: B24

Selon lui, les producteurs ont comme charge, la taxe d’aménagement qui coute 10 000 F CFA l’année, la redevance d’eau qui est de 100 000 F CFA par hectare et par campagne, auxquelles il faudrait ajouter les engrais (18 500 F CFA le sac chez les commerçants).

Il faut dire qu’à l’origine, l’Etat approvisionnait les producteurs du Sourou en engrain (12 500 francs le sac), ce qui leur facilitait la tâche et leur permettait de vendre leur riz à la SONAGESS (Société nationale de gestion des stocks de sécurité).

Aujourd’hui, la donne a changé et, souhaitant l’augmentation du prix du kilogramme de riz ils se sont tournés vers d’autres acheteurs, via d’autres modes de vente ; 150 à 160 francs le kg de riz non étuvé.

Rupture avec la SONAGESS

«Le prix que la SONAGESS propose ne nous convient (126 francs le kg), et ne peut nous permettre de couvrir nos charges», a dit M. Bitié de l’UCAVASO. C’est la raison pour laquelle, les producteurs avaient suspendu la vente de leur riz à la société.

«Nous envisageons à l’avenir faire étuver tout le riz que nous produisons et le vendre ainsi aux commerçants qui viennent de partout. Cela nous est plus rentable», a-t-il soutenu.

Pour ce qui est du riz puddy, le rendement peut aller jusqu’à 6 tonnes à l’hectare, et le président de la coopérative souhaite que le prix de riz monte à 175 ou 200 francs afin que les producteurs puissent supporter les charges sans grande difficulté.

Issaka Sanfo, qui est dans la vallée depuis 1973 travaille avec ses frères et ses enfants. Il produit le riz, le maïs et l’oignon sur une superficie de 1,75 ha. Il soutien qu’«Actuellement, c’est l’oignon qui est plus rentable, avec la tomate ; le riz n’a plus de marché».

Certaines personnes que nous avons rencontrées dans les champs, disent travailler pour d’autres moyennant une rémunération sur la parcelle.

Boureima LANKOANDE pour Burkina24

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